Logo CECOP
EN
Address: European Cooperative House
Avenue Milcamps 105, 1030 Brussels, Belgium
Telephone: +32 2 543 1033
Email: cecop@cecop.coop

Les coopératives industrielles et de services invitent les Ministres de l’UE en charge de l’Emploi et des affaires sociales à investir dans la réindustrialisation et dans l’inclusion active en Europe

29 avril 2014 English ] [ français ]

L’Europe a urgemment besoin d’investir davantage dans la réindustrialisation de ses pays et régions et dans l’inclusion active de tous ses citoyens, avec une attention particulière pour les personnes plus défavorisées et pour les jeunes. Les coopératives industrielles et de services préservent le patrimoine industriel européen tout en innovant en même temps, elles fournissent des services d’intérêt général de qualité et rentables tout en étant démocratiquement gérées et détenues par leurs travailleurs ou par les bénéficiaires des services. Elles sont une solution adéquate pour l’entrepreneuriat des jeunes, en particulier en ces temps où le taux de chômage des jeunes européens est très grave et sans précédent. Afin de maintenir leur mission de production et d’inclusion elles ont besoin de politiques publiques appropriées.

CECOP, la voix des coopératives industrielles et de services en Europe, souhaite mettre en évidence pour les Ministres de l’Union européenne en charge de l’Emploi et des affaires sociales, réunis aujourd’hui et demain au Conseil EPSCO, les avantages pour les États membres européens de promouvoir ces coopératives pour leur création d’emplois et leur potentiel de sauvegarde de ceux-ci, y compris pour les personnes les plus défavorisées, pour leur impact sur le développement économique local et pour leur rentabilité très élevée. Cela s’applique aussi bien aux États membres économiquement plus forts qu’à ceux qui souffrent le plus de la crise en cours, comme la Grèce qui assure actuellement la présidence de l’Union européenne.

A travers une série d’enquêtes publiées en 2012 dans l’étude « La résistance du modèle coopératif », nous avons montré que les coopératives industrielles et de services (sous différentes typologies : coopératives de travail associé, coopératives sociales ou coopératives d’artisans) font preuve de plus de résistance à la crise que la moyenne des entreprises : elles survivent mieux et innovent, elles restent ancrées dans la communauté locale, elles maintiennent leurs emplois, dans de nombreux cas elles en créent de nouveaux et elles ont tendance à être moins endettées. En Espagne, en dépit de la crise, au troisième trimestre de 2013, les coopératives de travail associé ont augmenté de 32 % par rapport à la même période de l’année précédente selon les données publiées par le ministère espagnol de l’Emploi et de la sécurité sociale. En outre, plus de 80 % des travailleurs-membres de ces coopératives bénéficient d’un emploi stable. Depuis le début de la crise, beaucoup de coopératives ont été établies en vue de sauver des entreprises en passe de fermeture. En France, par exemple, depuis 2008, on dénombre 224 transmissions d’entreprise aux salariés et rachats par ces derniers sous la forme coopérative.

Les coopératives se développent aussi rapidement dans toute l’Europe dans le domaine des services d’intérêt général (santé, éducation, services sociaux, environnement, production et distribution d’énergie, etc.). Nous estimons par exemple qu’en 2013, en Italie, 7 millions de personnes bénéficiaient des services sociaux assurés par les coopératives sociales qui fournissaient dans le même temps 32.000 emplois environ aux personnes défavorisées.

C’est aussi pendant la crise que les coopératives ont connu une forte reprise en Grèce, avec de nombreuses nouvelles coopératives créées dans des activités diverses (services sociaux, restauration, distribution de l’eau, etc.). Ceci a été reflété par la loi grecque 4019 de 2011 sur « l’Economie sociale et l’Entrepreneuriat social » sous laquelle plus de 100 coopératives ont déjà été enregistrées. Le vif intérêt du gouvernement grec et de la société civile, y compris des ONG et des syndicats, pour les coopératives auquel nous avons assisté devrait s’accompagner de mesures et de politiques nationales et européennes appropriées.

Nous devons cependant souligner également qu’un fort développement des coopératives industrielles et de services avait déjà eu lieu avant la crise, même s’il était resté largement inaperçu. Les coopératives qui ont été les plus résistantes à la crise sont aussi celles qui s’étaient le mieux préparées à celle-ci. Aujourd’hui, notre réseau d’entreprises regroupe 50.000 entreprises environ dans 17 pays de l’Union européenne et fournit des emplois stables à environ 1,5 million de personnes.

Les prochaines élections européennes, une opportunité pour une Europe avec plus d’emplois, plus d’inclusion et une distribution plus équitable des richesses ? Lisez le manifeste de CECOP contenant les 7 priorités des coopératives industrielles et de services pour les élections au Parlement européen 2014 : c’est ici