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Les « Sociedades Laborales » consolident l’emploi dans le temps

25 avril 2011 English ] [ français ]

La consolidation des emplois dans les « Sociedades Laborales » (SAL) en Espagne est une réalité rendue possible grâce au fait que les propriétaires de ces entreprises en sont aussi les travailleurs. « Si quatre personnes s’associent pour créer une entreprise et qu’ils en sont les propriétaires, ils mettront tout en œuvre pour qu’elle survive dans son environnement économique », déclare Jose Luis Nuñez, porte-parole de la Confédération des Sociedad Laborales (Confesal). En outre, la loi sur les SAL limite l’embauche de travailleurs temporaires. Elles doivent ainsi être en mesure de justifier un nombre minimum d’emplois à durée indéterminée pour pouvoir maintenir ce statut « Cela garantit que ces sociétés créent des emplois stables », ajoute José-Luis Nuñez.

Le modèle de gouvernance des SAL est similaire à celui d’une société traditionnelle à la différence que la majorité du conseil d’administration est composé de travailleurs membres (au moins deux tiers). Le secteur des SAL en Espagne est composé d’environ 17 000 entreprises et de 100 000 travailleurs, selon les données disponibles en 2010. Par ailleurs, ces entreprises ont engendré un chiffre d’affaires de 16 000 millions d’euros au cours du dernier exercice.

La « Sociedad laboral » No Rubber

La société galicienne Nor Rubber SAL qui fabrique des produits en caoutchouc, en est une bonne illustration. En 2001, après la faillite de GESRUBBER, la nouvelle société est née, « avec un petit portefeuille de clients, et peu de financement, mais avec un bon produit et une volonté immense d’aller de l’avant ; dès son lancement, ce projet de 133 travailleurs a aussi voulu garantir l’emploi », indique José Manuel Quintana, président du conseil d’administration de la société.

Après dix ans d’existence, il est clair que, si l’entreprise n’avait pas été reprise sous forme de sociedad laboral, les difficultés auxquelles elle faisait face auraient été résolues d’une tout autre façon : « Nous aurions dû faire appel à un financement externe, ce qui nous aurait probablement conduit à une situation plus complexe. Nous aurions davantage souffert et la main-d’œuvre n’aurait pas été impliquée dans la gestion et les progrès de la société ».

Des travailleurs de Nor Rubber

Zuray Andrea Melgarejo, professeur à l’université nationale de Colombie et docteur en administration des entreprises à l’université publique de Navarre, a effectué dans la région de Navarre la première étude comparative sur les SAL et les sociétés traditionnelles. Il en ressort que les SAL disposent d’une position concurrentielle plus favorable par rapport aux autres sociétés commerciales : « Cette forme entrepreneuriale génère un emploi différent des autres petites et moyennes entreprises et qui est, entre autre, caractérisé par un équilibre entre la durabilité et la solidarité, l’adaptabilité à de nouveaux marchés, une plus grande tendance à la création d’emplois permanents et à la flexibilité salariale et juridique », conclut l’étude réalisée par le professeur Melgarejo.