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Le secteur d’aide sociale au Royaume Uni vu à travers l’histoire des coopératives CASA et Leading Lives

10 décembre 2015 English ] [ français ]

Les coopératives de services d’aide sociale et de santé, profondément ancrées en Italie, font désormais leur apparition au Royaume Uni. Gérée démocratiquement et appartenant à ses travailleurs, la coopérative CASA, créé en 2004 dans le Nord Est de l’Angleterre emploie 750 personnes, et Leading Lives, fondé en juillet 2012 à la suite d’une cession et qui emploie plus de 500 personnes, sont deux exemples de coopérative au sein du secteur d’aide sociale au Royaume Uni et font l’objet de cet article.

Care and Share Associates (CASA) fut fondé en 2004 avec l’ambition de devenir la première entreprise laboral qui fournisse des services d’aide à la maison pour les personnes âgées ou handicapées. « Le secteur des entreprises sociales n’a pas réussi à offrir une alternative compétitrice par rapport au secteur privé, et nous voulions changer cela » a déclaré le directeur général de CASA, Guy Turnbull. CASA fut donc créée pour devenir une entreprise pionnière et une force éthique positive qui allait contribuer à la transformation du secteur de la santé et des services d’aide au Royaume Uni.

CASA enregistre désormais un chiffre d’affaire de 10m £ (13m €), et complète 16 000 d’heures de services par semaine à travers 5 régions, générant un BAII de 350 milles £ (521 milles €). CASA fournit des services d’aide et de soins à la maison ; leur mission est d’aider les gens à vivre de façon indépendante, le plus longtemps possible, dans leurs propres maison, avec des soins adaptés administrés par des employés expérimentés.

« La mutualité est un principe au cœur de notre entreprise. Nous recrutons et investissons dans les chômeurs de long terme de collectivités à faible revenu et employons actuellement 750 personnes. Nous sommes certains que des travailleurs-propriétaires engagés mènent à de meilleurs services et une faible fluctuation du personnel. Nous adhérons à l’idée de ‘co-production’ de services de santé et sociaux et reconnaissons le besoin de s’éloigner du schéma traditionnel de rupture entre le mandataire et le fournisseur. Malheureusement, aujourd’hui en Angleterre, sur le marché des services, ‘plus c’est grand, mieux c’est’ et cette manière de penser n’est pas favorable aux petites entreprises. Les soins de santé et sociaux sont une denrée qui se fait de plus en plus rare et précieuse et de ce fait une approche innovatrice doit être mise en place afin d’assurer un impact plus important », conclut Guy Turnbull.

Leading Lives, une autre coopérative du secteur des services au Royaume Uni, a été formé après une cession ‘visant à transférer des services d’autorité locale fournit intérieurement au secteur indépendant’. « Nous avons choisis le modèle coopératif car il est en harmonie avec notre souhait de mettre nos employés, notre principal atout, au cœur du processus de décisions afin qu’ils aient l’opportunité d’influencer le développement de notre société », a déclaré Lucy Humphrey, présidente du conseil d’administration.

Leading lives est un service d’aide pour des adultes vulnérables et leurs soignants. La société aide en majorité des adultes avec des difficultés d’apprentissage, mais travaille aussi avec des personnes âgées ou avec des handicaps physiques ou des besoins compliqués. Leading Lives aide des individus à s’intégrer au sein d’activités locales, à vivre de groupe et à développer des compétences afin de vivre de manière indépendante et poursuivre leurs ambitions personnelles. Elle fournit aussi une aide en journée dans de nombreux lieux communautaires et de courts séjours dans des résidences afin de soulager le travail du soignant de famille.

“Le modèle coopératif reflète les valeurs que Leading Lives attend de ses employées et de sa relation unique avec ses clients. Les employés sont impliqués dans tous les aspects de la société. Ce sont eux qui représentent le conseil. Les autres employés votent pour leurs collègues et chaque unité à la possibilité d’élire une équipe de représentants et un forum d’employés qui propose des nouvelles idées et initiatives au conseil. Ce modèle encourage la créativité des employées et lorsque Leading Lives ne détient pas l’expertise suffisante sur certains sujets nous faisons des experts locaux (Légal, finance, ressources humaines) » ajoute Lucy Humphrey.

Leading Lives est persuadé que le modèle coopératif s’applique parfaitement aux principes d’aide sociale et qu’il les a aidé a conservé de fortes valeurs dans leur mission d’aide aux adultes vulnérables. Ce modèle leur permet d’utiliser leurs ressources afin de soutenir les activités et besoins de la communauté, d’apporter leur aide à des projets locaux, de créer des emplois pour les personnes locales et investir dans des sociétés locales. « Nous pensons que le principe de propriété par les travailleurs n’a non seulement un fort impact sur nos services mais c’est aussi un atout important pour notre société car il suscite l’intérêt de clients, des employés et d’organisations similaires. Le modèle coopératif nous aide à travailler plus efficacement et à maximiser nos ressources » conclut Lucy Humphrey.

Leading Lives a récemment été nommé Health and Social Care Social Enterprises de l’année lors de la cérémonie de récompense des entreprises sociales du Royaume Uni.

Selon Sion Whellens, membre du mouvement coopératif au Royaume-Uni, le contexte des coopératives sociales et de la santé est définit par une contestation politique et des financements de plus en plus réduits. Le Royaume-Uni est entrain des progressivement les financements et directement fournir des services de soins sociaux, aux niveaux national et local. De ce fait, une crise du secteur de prestation de services pour les personnes âgés et vulnérable, en particulier dans les villes et régions les plus pauvres, se fait entendre.

« Le mouvement au Royaume-Uni s’inspire de l’Italie afin de trouver des solutions pour répondre aux besoins sociaux avec un modèle basé sur la co-production coopérative, malheureusement le Royaume Uni ne possède pas de relations inter sectionnelle établies avec des partis politiques, organismes d’états et syndicats comme en Italie. Au Royaume Uni, le mouvement syndical -traditionnellement allié avec le Parti travailliste – se concentre en grande partie sur la défense de la prestation de services d’Etat locaux et centraux, et sur les conditions des fonctionnaires. Le mouvement a tendance à percevoir les entreprises sociale coopératives comme le cheval de trois pour la privatisation des richesses publiques comme les écoles, hôpitaux, bibliothèques, et pour la réduction des droits des travail et des salaires. Ce point de vue va peut-être commencer à changer, alors que la crise se continue. Des efforts sont également faits pour améliorer la compréhension entre les syndicats et les coopératives et le travail commun » déclare Whellens

Une autre difficulté pour le Royaume-Uni est le manque d’infrastructure financière pour le développement et l’investissement coopératif. Des fonds de démarrage peuvent être soulevés à titre de dette ou de « crowfunding » d’actions communautaires (un mécanisme fiscalement intéressant pour soulever du capital, qui est disponible pour les coopératives et les sociétés de bénéfice commun au Royaume Uni). Néanmoins les coopératives sont en compétition directe avec des multinationales, les entreprises de financement privé, telle que SERCO, pour des contrats exigeant le soumissionnaire de posséder de larges ressources de capitale