Logo CECOP
EN
Address: European Cooperative House
Avenue Milcamps 105, 1030 Brussels, Belgium
Telephone: +32 2 543 1033
Email: cecop@cecop.coop

Le rôle des coopératives dans la construction de la justice sociale tout en générant de la richesse et en la distribuant équitablement devrait être pleinement reconnu

18 janvier 2017 English ] [ français ]

Le modèle social de l’Union européenne s’est progressivement dégradé depuis le début de la crise, avec des niveaux croissants d’inégalité, de chômage et un retour partiel à l’économie informelle. Les jeunes, les travailleurs migrants et les femmes ont été parmi les plus touchés. Cette situation négative résulte en partie des politiques d’austérité et de l’absence au niveau de l’Union européenne de mesures préventives et efficaces de suivi et d’harmonisation en matière de politiques sociales.

Dans ce contexte, CECOP, la Confédération européenne des coopératives industrielles et de services, considère que l’idée de constituer un pilier des droits sociaux est une initiative positive mais que sa pertinence et son efficacité dépendront de la manière dont il sera encadré. « Les coopératives et l’économie sociale en général devraient constituer une troisième composante de la proposition du pilier comme c’est déjà le cas dans certains pays de l’Union européenne. Le rôle de l’économie sociale, et avant tout des coopératives, pour construire la justice sociale tout en générant de la richesse et en la distribuant équitablement devrait être pleinement reconnu » a déclaré Giuseppe Guerini, le Président de CECOP.

Les coopératives industrielles et de services apportent leurs propres contributions spécifiques :
les coopératives de travail associé sont un outil important de démocratie économique avec toutes les forces entrepreneuriales que cela implique notamment quand elles sont le résultat d’une restructuration réussie d’entreprises en crise ou sans héritier ;
les coopératives sociales intègrent directement et de manière prépondérante l’utilité sociale, comprenant l’intégration professionnelle, et nombre d’entre elles partagent leur gouvernance avec toutes les parties concernées ;
les coopératives d’indépendants et de freelancers garantissent les droits sociaux des entrepreneurs individuels et développent un modèle d’entreprise alliant autonomie et protection.

Le 20 décembre, la Commission de l’emploi et des affaires sociales du Parlement européen a présenté un rapport de conclusions sur un pilier européen des droits sociaux qui exprimait déjà son soutien aux modèles des entreprises de l’économie sociale et soulignait « le rôle important des entreprises d’économie sociale dans la fourniture de services généraux tout en rendant le marché du travail plus inclusif ». Ce document sera débattu et voté lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg demain, 19 janvier.

Les coopératives industrielles et de services exhortent la Commission européenne à étendre le pilier à l’ensemble de l’Union européenne plutôt qu’à la seule zone euro car cela pourrait représenter un danger supplémentaire de générer une Europe sociale à deux vitesses et elles appellent à ce qu’il soit mis fin aux strictes politiques d’austérité qui favorisent l’inégalité et limitent fortement les politiques sociales que le pilier est censé promouvoir.

« Les politiques budgétaires et économiques devraient être profondément repensées et les dépenses sociales devraient être surtout considérées comme un investissement à long terme dans les économies de l’Union européenne plutôt que comme un coût, considérant, entre autres, qu’un grand nombre de nouveaux emplois sont précisément générés dans les secteurs correspondants de l’activité économique » a insisté Guerini.
CECOP considère que le pilier devrait prévoir une directive européenne fortement centrée sur la prévention, comprenant des politiques de soutien aux services sociaux, des mesures claires et concrètes de secours pour les familles pauvres et des mesures visant à éliminer l’économie informelle qui se développe dans différents secteurs, et notaamment dans celui des services sociaux.

Le soutien aux initiatives des start-up et des scale-up dans les coopératives et dans l’économie sociale au sens large dans une logique de développement local et régional devrait donc être l’une des principales priorités du pilier. « Nous devons déplorer qu’à l’heure actuelle, la promotion du modèle coopératif et de l’économie sociale dans son ensemble soit sous-représentée par rapport à d’autres modèles d’entreprise, malgré son énorme importance en termes de part du PIB et d’emplois et le fait qu’il est également un important prestataire de services sociaux, de santé, éducatifs, environnementaux, de production et de distribution d’énergie, ainsi qu’une couverture d’assurance maladie complémentaire » a conclu le Président de CECOP.

La position de CECOP sur la proposition de la Commission européenne pour un pilier européen sur les droits sociaux (en anglais)