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CECOP demande une amélioration des systèmes européens de financement coopératifs pour aider à créer et à sauver des entreprises et des emplois

24 novembre 2016 English ] [ français ]

L’atelier « Le développement des coopératives : les instruments financiers d’investissement » coorganisé hier par CECOP et le Comité Économique et Social Européen (CESE) a analysé les systèmes actuels de financement d’appui aux coopératives dans les pays européens et a partagé l’expérience d’institutions d’investissement coopératives en Italie, en France, en Espagne et en Belgique. Des orateurs de haut niveau dont Giuseppe Guerini, Président de CECOP, et Luca Jahier, Président du Groupe III « Activités diverses » du CESE, sont convenus que les systèmes de financement EuVECA (fonds d’investissement de capital risque européen) et EuSEV (fonds européens d’entrepreneuriat social) lancés en 2013 n’ont pas atteint leurs résultats escomptés.

« Les instruments financiers coopératifs ont besoin de partenariats forts avec les acteurs financiers au niveau européen et international. Nous devrions chercher des mécanismes grâce auxquels les fonds européens auraient un puissant effet multiplicateur. Reste à voir si ceci peut être fait par les systèmes réformés d’EuVECA et d’EuSEV. En attendant, nos instruments financiers continueront à s’efforcer de faire en sorte que leur propre investissement « multiplie l’argent » autant que possible et crée et sauve autant d’entreprises et d’emplois que possible » a déclaré Bruno Roelants, Secrétaire général de CECOP, en conclusion de l’atelier.

Capitalisation, taux de remboursement et rentabilité
Les différentes organisations financières du réseau de CECOP ont présenté une série d’expériences disposant d’un important niveau de capitalisation, montrant un pourcentage de remboursement élevé et un haut niveau de rentabilité, en particulier en ce qui concerne l’investissement nécessaire pour chaque emploi créé ou sauvé. Elles ont également démontré leur principal soucis pour la durabilité économique et sociale, la santé de l’entreprise et de l’emploi à long terme et, dans certains cas, pour la durabilité environnementale. Ces instruments financiers sont, par ailleurs, absolument sans but lucratif : ils ne poursuivent pas la réalisation de bénéfices pour les investisseurs, à la différence de la plupart des autres systèmes d’investissement, même ceux pratiquant l’investissement social. Ils privilégient également le capital patient avec des périodes de remboursement s’étalant en moyenne sur 7 à 10 ans.

Aldo Soldi de Coopfond, le fonds mutualiste de Legacoop, une des trois organisations coopératives italiennes, a expliqué comment ils coopèrent avec d’autres fonds coopératifs italiens comme CFI crée par les trois organisations de coopératives en Italie, et comment cela renforce leur travail. Alessandro Viola, responsable de recherche et du développement de CFI, a déclaré que cette collaboration est « cruciale, particulièrement pour les transformations d’entreprises en crise par ses travailleurs, sinon il est très difficile de réussir ».

Les expériences présentées montrent qu’elles sont complémentaires aux banques et qu’elles n’entrent pas en compétition avec elles. À cet égard, un représentant du mouvement français des coopératives de travail associé a expliqué comment les coopératives de travail associé étaient à l’origine de la création de la banque coopérative Crédit Coopératif qui finance des projets d’économie sociale.

Ces expériences construisent une dynamique d’alliances et de partenariats avec d’autres sources financières et, en premier lieu, avec les travailleurs eux-mêmes qui sont dans la plupart des cas les premiers à capitaliser. « Nos instruments financiers constituent alors une contribution assortie aux propres investissements des travailleurs et cette combinaison fournit à son tour un important levier sur d’autres bailleurs de fonds, bancaires et non-bancaires, avec pour résultat un effet de levier beaucoup plus élevé que le ratio d’un pour un habituel » a fait remarquer Bruno Roelants, Secrétaire général de CECOP.

Une autre spécificité des instruments financiers coopératifs est qu’alors que les cycles d’investissement qu’ils pratiquent sont particulièrement longs (capital patient), le processus décisionnel pour les accorder est au contraire particulièrement rapide et souple. Ils sont aussi totalement indépendants des organisations représentatives du mouvement coopératif, assurant ainsi que les décisions d’investissement ne sont pas influencées par des considérations institutionnelles ou politiques.
Les instruments financiers coopératifs ne fonctionnent pas en solitaires et ne se limitent pas à fournir le seul financement. À la base de leur décision d’investissement un diagnostic précis et détaillé a été posé qui n’est pas uniquement financier et économique mais également sociologique. Après ce diagnostic et la prise de décision de l’investissement, les fonds accordés sont assortis de services de conseils à ces coopératives bénéficiaires. Le diagnostic d’abord et ces services de conseil ensuite préviennent fortement les risques, ce qui explique pour beaucoup le très grand succès mentionné ci-dessus.

Perfecto Alonso, membre du Fundació Seira en Espagne, un fonds qui aide les coopératives de travail associé à éviter les problèmes financiers en leur offrant également des services de conseil et de formation a mis tout ceci en parfaite évidence.

Les défis
Plusieurs défis ont été identifiés. Le principal étant la nécessité d’atteindre une capacité d’investissement beaucoup plus élevée ; ceci est en fait le résultat d’un grand succès : le succès attire le succès alors que les besoins sont beaucoup plus élevés que ce que le système coopératif peut fournir aujourd’hui. « Ceci peut être réglé en partie avec une nouvelle règlementation et de nouveaux mécanismes de capitalisation tels que le crowd-funding et l’épargne de la société civile. Mais même cela n’est pas suffisant quand dans le même temps un autre défi vient de la nouvelle réglementation bancaire de l’Union européenne qui rend les prêts bancaires aux entreprises de plus en plus difficiles, en particulier pour les PME », a conclu le Président de CECOP.